Carburants : frais de déplacement des agents publics et territoriaux

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Publié le samedi 30 mai 2026

Face à la hausse des carburants, le gouvernement annonce une revalorisation temporaire des frais de déplacement des agents publics. Pour la CFDT Interco 12, les agents territoriaux, les agents du Conseil départemental de l’Aveyron et les assistants familiaux doivent aussi être pleinement concernés.

Carburants : les agents publics ne doivent pas payer leurs missions de leur poche

Face à la hausse du prix des carburants, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures temporaires destinées à limiter l’impact financier pour les agents publics contraints d’utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leurs missions.

Ces mesures concernent tous les agents publics amenés à se déplacer pour exercer leurs fonctions : agents de l’État, agents territoriaux, agents hospitaliers, agents des communes, intercommunalités, départements, régions ou établissements publics.

Pour la CFDT, ces annonces constituent une première réponse, mais elles restent insuffisantes. Aucun agent public ne doit perdre du pouvoir d’achat parce qu’il se déplace pour faire fonctionner le service public.

Une revalorisation temporaire des frais de déplacement

Le gouvernement a annoncé une majoration temporaire de 3,2 % des frais de déplacement pour les agents publics utilisant leur véhicule personnel pour les besoins du service.

Cette mesure concerne les déplacements professionnels réalisés du 1er juin au 31 décembre 2026.

Elle vise les déplacements imposés par l’activité : interventions, tournées, contrôles, remplacements, missions de terrain, déplacements entre plusieurs sites, réunions, formations ou déplacements nécessaires à la continuité du service public.

Selon le gouvernement, cette revalorisation représente en moyenne l’équivalent d’une aide de 20 centimes par litre de carburant.

Pour la CFDT, cette revalorisation doit bénéficier à l’ensemble des agents publics concernés, quelle que soit leur fonction publique d’appartenance.

Les agents territoriaux doivent être pleinement concernés

Les agents territoriaux sont particulièrement exposés à la hausse du carburant.

Dans les communes, intercommunalités, départements, régions, CCAS, CIAS, SDIS ou établissements publics locaux, de nombreux agents se déplacent régulièrement pour exercer leurs missions :

  • agents techniques ;
  • agents des routes ;
  • agents d’entretien ou de maintenance ;
  • agents sociaux et médico-sociaux ;
  • agents administratifs affectés sur plusieurs sites ;
  • personnels itinérants ;
  • assistants familiaux ;
  • agents de remplacement ;
  • encadrants amenés à se déplacer ;
  • agents chargés de contrôles, de visites ou d’interventions de terrain.

Dans les territoires ruraux ou peu desservis par les transports collectifs, l’utilisation du véhicule personnel n’est souvent pas un choix. C’est une contrainte imposée par l’organisation du service public.

La CFDT demande donc une application claire, rapide et équitable de la revalorisation temporaire de 3,2 % pour tous les agents concernés.

Barème indicatif des indemnités kilométriques

Puissance fiscale du véhiculeJusqu’à 2 000 kmAvec majoration de 3,2 %De 2 001 à 10 000 kmAvec majoration de 3,2 %Après 10 000 kmAvec majoration de 3,2 %
5 CV et moins 0,32 € 0,33 € 0,40 € 0,41 € 0,23 € 0,24 €
6 et 7 CV 0,41 € 0,42 € 0,51 € 0,53 € 0,30 € 0,31 €
8 CV et plus 0,45 € 0,46 € 0,55 € 0,57 € 0,32 € 0,33 €

Attention : ces montants sont présentés à titre indicatif sur la base d’une majoration de 3,2 % des barèmes en vigueur. La CFDT demande une application sécurisée et lisible pour tous les agents publics concernés.

Les assistants familiaux ne doivent pas être oubliés

La CFDT demande également que les assistants familiaux soient pleinement intégrés à cette revalorisation.

Ces professionnels réalisent de nombreux trajets indispensables à l’accompagnement des enfants confiés : rendez-vous médicaux, scolarité, démarches administratives, rencontres éducatives, visites familiales ou accompagnements spécifiques.

Ces déplacements ne sont pas accessoires. Ils font partie intégrante de leur mission.


Une aide carburant de 100 € pour les “grands rouleurs”

En complément, une aide carburant dite “grands rouleurs” est ouverte aux travailleurs modestes utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles.

Cette aide est fixée à 100 €, sous conditions de ressources et de distance parcourue.

Elle peut concerner les agents publics qui remplissent les conditions d’éligibilité, dans les mêmes conditions que les autres actifs.

Pour être éligible, il faut notamment utiliser un véhicule thermique ou hybride non rechargeable à des fins professionnelles et effectuer :

  • au moins 15 km par trajet entre le domicile et le lieu de travail ;
  • ou au moins 8 000 km par an dans le cadre de l’activité professionnelle, trajets domicile-travail inclus.

La demande s’effectue depuis le site officiel impots.gouv.fr.

Tester son éligibilité à l’aide carburant “grands rouleurs

Télétravail, visioconférence : éviter les déplacements inutiles

La circulaire du 5 mai 2026 invite les administrations à réduire les déplacements évitables.

Elle recommande notamment :

  • d’augmenter, lorsque les fonctions le permettent, le recours au télétravail ;
  • de traiter rapidement les demandes d’évolution de quotité de télétravail ;
  • de limiter les déplacements professionnels non indispensables ;
  • d’organiser par défaut en audioconférence ou visioconférence les réunions, formations, groupes de travail et échanges professionnels pouvant se tenir à distance ;
  • de rechercher des organisations permettant de réduire l’utilisation des véhicules personnels.

Pour la CFDT, ces orientations doivent inspirer l’ensemble des employeurs publics.

Le télétravail et la visioconférence ne doivent pas être considérés comme de simples options. Ce sont des outils concrets pour réduire les frais, limiter la fatigue, préserver le temps de travail utile et éviter des trajets parfois longs pour des réunions qui pourraient se tenir à distance.

La CFDT demande des mesures concrètes dans tous les services publics

La CFDT demande aux employeurs publics :

  • l’application effective de la revalorisation temporaire de 3,2 % des frais de déplacement ;
  • une information claire de tous les agents sur leurs droits ;
  • l’extension de la revalorisation aux situations particulières, notamment les assistants familiaux ;
  • un recours facilité au télétravail lorsque les missions le permettent ;
  • une souplesse temporaire sur l’organisation du télétravail ;
  • un usage renforcé de la visioconférence ;
  • une limitation des réunions et déplacements non indispensables ;
  • une réflexion durable sur la prise en charge réelle des frais professionnels.

Ces revendications concernent aussi bien les services de l’État que les communes, intercommunalités, départements, régions, établissements hospitaliers et établissements publics.

Dans l’Aveyron aussi, la cohérence doit s’appliquer

Dans un département rural comme l’Aveyron, où les distances sont importantes et où les transports collectifs ne permettent pas toujours de répondre aux besoins professionnels, ces mesures sont particulièrement nécessaires.

La CFDT Interco 12 demande donc aux employeurs publics locaux — communes, intercommunalités, établissements publics et Conseil départemental — de prendre toutes les mesures utiles pour limiter le coût des déplacements supporté par les agents.

Cela passe notamment par une application claire des revalorisations, une meilleure information des agents, un usage réel de la visioconférence et une organisation du travail plus respectueuse des contraintes de terrain.

Lorsqu’une réunion peut se tenir à distance sans nuire au service, elle doit pouvoir se tenir à distance. C’est une mesure simple, moderne, économique et cohérente avec les objectifs affichés d’innovation, de sobriété et de qualité de vie au travail.

Une première réponse, mais pas une solution durable

La revalorisation annoncée est temporaire. Elle ne vaut que pour la période du 1er juin au 31 décembre 2026.

Pour la CFDT, cette limite pose une vraie question : que se passera-t-il ensuite si les prix des carburants restent élevés ?

Les frais professionnels doivent être correctement indemnisés. Un agent qui se déplace pour exercer ses missions ne doit pas perdre du pouvoir d’achat pour faire fonctionner le service public.

Dans un contexte d’inflation, de hausse des carburants, de sous-effectifs et de contraintes budgétaires, la CFDT demande des mesures durables.


En savoir plus sur les revendications de la CFDT sur le pouvoir d’achat des agents publics